Plongeur explorant une paroi rocheuse avec sa lampe de plongée en Méditerranée
Publié le 13 février 2026

Vous êtes devant le rayon éclairage de votre magasin de plongée. Devant vous : des lampes à 60 €, des phares à 500 €, des chiffres en lumens qui vont de 300 à 4000. Personne pour vous expliquer clairement ce dont vous avez vraiment besoin. J’ai accompagné des centaines de plongeurs dans cette situation exacte. Et je vais vous dire ce que je leur dis toujours : oubliez les specs techniques pendant cinq minutes. Commencez par vous poser une seule question : qu’est-ce que vous allez faire sous l’eau avec cette lampe ?

L’essentiel pour choisir votre lampe en 30 secondes

  • Exploration de jour en eau claire : 200 à 900 lumens suffisent largement
  • Plongée de nuit ou épaves : visez 1000 à 2000 lumens avec une autonomie de 2h minimum
  • Photo/vidéo : CRI supérieur à 85 et température de couleur autour de 5500K
  • Au-delà de 20 plongées par an, les accus deviennent plus rentables que les piles

Les 4 critères qui font vraiment la différence sous l’eau

Le piège des lumens : pourquoi plus n’est pas toujours mieux

Dans mes échanges avec les plongeurs en boutique, je constate régulièrement la même erreur : opter pour une lampe 3000+ lumens pour de simples explorations de jour. Résultat ? Une autonomie qui fond comme neige au soleil — batterie vide après 45 minutes au lieu des 2h attendues. Ce phénomène est particulièrement marqué chez les plongeurs niveau 1-2 en Méditerranée.

Parlons franchement. Quatre paramètres comptent vraiment. Le reste, c’est du marketing ou des specs pour ingénieurs.

La puissance en lumens détermine l’intensité de votre faisceau. Selon les recommandations de Planet Plongée, comptez entre 200 et 900 lumens pour des plongées récréatives en eaux claires. Pour les environnements sombres ou techniques, montez entre 1000 et 2000 lumens. Au-delà ? C’est pour la photo-vidéo ou les plongées spéléo.

La taille ne fait pas tout : une lampe compacte peut suffire pour 80% des usages



L’autonomie est le critère que tout le monde sous-estime. Une lampe puissante qui tient 40 minutes, ça ne sert à rien si votre plongée dure une heure. Visez au minimum 1h30 à pleine puissance pour être tranquille. En eau froide, comptez 20 à 30% d’autonomie en moins — les batteries n’aiment pas le froid.

L’angle du faisceau change tout selon votre usage. Un faisceau serré (spot, autour de 12-15°) porte loin et perce l’obscurité. Un faisceau large (flood, 100° et plus) éclaire une zone étendue — indispensable pour la vidéo. Mon conseil : si vous ne savez pas, prenez une lampe avec angle réglable.

Le type d’alimentation — piles ou accus — détermine votre budget sur le long terme. J’y reviens en détail plus bas, mais sachez que le choix dépend surtout de votre fréquence de plongée.

Quel type de plongeur êtes-vous ? Le match des usages

Avant de parler modèles ou marques, posez-vous trois questions. Vos réponses vont éliminer 80% des options et vous faire gagner un temps fou.

Quel plongeur êtes-vous ? Trouvez votre lampe idéale

  • Si vous plongez occasionnellement de jour uniquement :
    Lampe compacte 500-1000 lumens, alimentation piles, budget 50-100 €. Suffisant pour éclairer les failles et observer la faune dans les recoins.
  • Si vous plongez régulièrement, y compris de nuit ou en épave :
    Lampe 1200-2000 lumens, accus rechargeables, budget 150-300 €. L’autonomie et la fiabilité deviennent prioritaires.
  • Si vous faites de la plongée technique ou spéléo :
    Phare canister 3000+ lumens, autonomie 4h minimum, budget 400-700 €. Redondance obligatoire : prévoyez une lampe de secours.
  • Si vous faites de la photo ou vidéo sous-marine :
    Lampe avec CRI élevé (supérieur à 85), faisceau flood, température réglable autour de 5500K, budget 200-500 €.

Exploration de jour et coups d’œil dans les failles

Pour regarder sous les rochers ou dans les anfractuosités, vous n’avez pas besoin d’un phare de sous-marin. Une lampe compacte fait le travail. J’ai accompagné Marc l’année dernière, un plongeur de 38 ans qui préparait sa première plongée de nuit aux îles Lavezzi. Il hésitait entre une lampe à piles à 60 € et un phare à accus à 350 €. Son budget était serré, mais il avait peur de manquer de puissance dans le noir.

On a trouvé un compromis : une lampe intermédiaire à 150 € avec 1200 lumens et 2h30 d’autonomie. Deux ans plus tard, elle fonctionne encore parfaitement. Ce qui compte pour ce profil : la compacité (ça doit tenir dans le sac sans prendre toute la place) et la simplicité d’utilisation.

Plongée de nuit, épaves et grottes

Là, on passe dans une autre catégorie. La puissance compte, mais l’autonomie et la fiabilité deviennent critiques. Quand vous êtes dans le noir à 25 mètres, vous ne voulez pas que votre lampe vous lâche.

En plongée de nuit, disposer d’une source d’éclairage de secours est une règle de sécurité fondamentale. Ce n’est pas optionnel. J’ai vu des plongeurs partir avec une seule lampe « parce qu’elle est neuve ». Ça ne protège pas d’une infiltration d’eau ou d’un joint défaillant. Prévoyez toujours une lampe backup, même petite.

Pour ce type d’usage, si vous cherchez du matériel fiable, les spécialistes comme Subchandlers proposent un large choix de lampe flash plongée adaptées aux différents niveaux de pratique.

Photo et vidéo sous-marine

C’est le seul cas où les specs techniques deviennent vraiment importantes. Selon les témoignages de photographes sur Forum Photosub, un CRI supérieur à 85 est indispensable pour un bon rendu des couleurs. En dessous, vos rouges virent au marron et vos jaunes deviennent ternes.

Le contrôle de l’éclairage fait partie du rituel d’avant-plongée



La température de couleur idéale tourne autour de 5500K pour un rendu naturel. Et pour la vidéo avec une GoPro, d’après l’analyse de La Caméra Embarquée, visez un angle d’éclairage minimum de 120° et au moins 1500 lumens. En dessous, vous aurez un spot lumineux au centre et du noir sur les bords.

Piles ou accus : le vrai calcul pour votre portefeuille

C’est LA question que me posent tous les plongeurs en boutique. Et la réponse dépend d’un seul facteur : combien de plongées faites-vous par an ?

Selon la fiche pratique Subchandlers, la batterie lithium rechargeable est moins coûteuse que les piles à long terme. Mais « long terme », ça veut dire quoi concrètement ?

Piles vs accus : qui gagne selon votre rythme de plongée ?
Critère Piles alcalines Accus lithium Verdict
Coût initial 50-100 € 150-350 € Avantage piles
Coût sur 3 ans (10 plongées/an) ~110 € ~200 € Avantage piles
Coût sur 3 ans (30 plongées/an) ~230 € ~200 € Avantage accus
Praticité en voyage Facile (piles dispo partout) Chargeur nécessaire Avantage piles
Impact environnemental Déchets réguliers Moins de déchets Avantage accus

Mon seuil de rentabilité observé : autour de 15 à 20 plongées par an. En dessous, les piles restent plus économiques. Au-dessus, les accus deviennent rentables dès la deuxième année.

Conseil pratique : Si vous voyagez beaucoup en avion, sachez que les batteries lithium sont soumises à des restrictions. Gardez-les en cabine, jamais en soute. Et vérifiez la capacité maximale autorisée par votre compagnie.

Pour ceux qui aiment observer la vie marine lors de leurs vacances, la plongée peut d’ailleurs se combiner avec d’autres activités littorales. Une rencontre avec les animaux marins en surface complète bien l’expérience sous-marine, surtout pour les familles.

Vos questions sur les lampes de plongée

Peut-on voyager en avion avec sa lampe de plongée ?

Oui, mais avec précautions. Les batteries lithium doivent voyager en cabine, pas en soute. Retirez la batterie de la lampe et emballez-la séparément. J’ai vu des lampes confisquées en sécurité parce que le plongeur avait laissé la batterie montée — ça ressemble à un engin suspect sur le scanner.

Comment entretenir sa lampe entre deux saisons ?

Trois gestes essentiels : rinçage soigneux à l’eau douce après chaque utilisation, séchage complet avant stockage, et graissage des joints toriques une fois par saison. Ces joints sont des pièces d’usure — remplacez-les tous les deux ans même s’ils semblent corrects.

Faut-il une lampe de secours obligatoirement ?

En plongée de nuit ou en environnement confiné (épave, grotte), c’est une règle de sécurité fondamentale. Même une petite lampe de 200 lumens suffit pour remonter en sécurité si votre lampe principale lâche. Ne négligez jamais la redondance sur un équipement de sécurité.

Comment tester l’étanchéité de sa lampe ?

Avant chaque saison, immergez votre lampe éteinte dans un seau d’eau pendant 30 minutes. Vérifiez l’absence de bulles. Puis allumez-la sous l’eau : la chaleur dilate légèrement les joints et peut révéler une micro-fuite invisible à froid. Si vous voyez des gouttelettes à l’intérieur, changez les joints avant de plonger.

Si vous préparez vos prochaines plongées pendant les vacances d’été, pensez à anticiper votre hébergement. Les offres de vacances en camping près des spots de plongée permettent de combiner pratique du sport et budget maîtrisé.

Les 5 questions à vous poser avant d’acheter



  • Combien de plongées faites-vous par an ? (seuil 20 pour accus)


  • Plongez-vous de nuit ou en environnement sombre ?


  • Faites-vous de la photo ou vidéo sous-marine ?


  • Voyagez-vous souvent en avion avec votre matériel ?


  • Quel budget maximum êtes-vous prêt à investir ?

La prochaine étape ? Testez la prise en main avant d’acheter. Une lampe qui semble parfaite sur le papier peut s’avérer inconfortable avec des gants épais. Et si vous hésitez encore, demandez à essayer en piscine — les bons magasins le proposent.

Rédigé par Lucas Fournier, passionné de plongée sous-marine depuis plus de 15 ans et conseiller équipement dans une boutique spécialisée. Il a accompagné plusieurs centaines de plongeurs dans le choix de leur matériel, de la première paire de palmes au phare d'exploration. Son approche privilégie le rapport qualité-prix adapté à chaque profil plutôt que la course aux specs techniques.